État actuel de l'épidémie :
raisons pour lesquelles nous devons redoubler d'effort
4. Les stigmates et la discrimination menacent toujours les personnes séropositives et les communautés à risque
Bien que les Canadiens craignent moins le sida que dans les années 80 et qu'ils acceptent mieux les personnes séropositives, les stigmates et la discrimination persistent. Les stigmates associés au VIH en font encore une maladie à part. Par exemple, selon une enquête récente, près de 30 p. cent des Canadiens seraient mal à l'aise de travailler dans le même bureau qu'une personne séropositive, et 43 p. cent des parents seraient mal à l'aise de voir leurs enfants fréquenter une école dont un élève serait séropositif.15
![]() |
| visionner la version agrandie du graphique |
Selon un récent rapport sur les stigmates et la discrimination associés au VIH/sida, les stigmates associés au VIH/sida en Amérique du Nord ont été grandement influencés par les attitudes envers les gais et bisexuels ainsi que les consommateurs de drogues : deux groupes qui étaient très stigmatisés avant l'épidémie de VIH. Selon ce rapport, plusieurs études nord-américaines et européennes ont constaté qu'une minorité de la population est plus portée à blâmer les gens et moins disposée à les aider si ceux-ci deviennent infectés à la suite d'une relation homosexuelle ou de consommation de drogues.16
Le Canada ne possède pas de données complètes sur la discrimination reliée au VIH mais, nous possédons de l'information qui nous permet de saisir l'étendue du problème. Par exemple :
- En 1988-89, le Civil Liberties Association de la Colombie-Britannique a été saisie de 83 cas de discrimination à l'égard de personnes séropositives (neuf reliés au logement, 32 à l'emploi, 14 à l'accès aux services de santé, et 8 à l'accès aux services publics). L'Association était d'avis que ces cas ne représentaient qu'une partie des incidents réels.17
- En 2000, les conclusions d'une évaluation des besoins des personnes vivant avec le VIH/sida au Nouveau-Brunswick ont révélé que sur 50 participants à l'étude, 86 p. cent craignaient la discrimination en raison de leur séropositivité et que 66 ont vécu des incidents de discrimination reliés au VIH (une augmentation de 33 p. cent par rapport à 1992). La discrimination s'est souvent produite dans des établissements publics (p. ex. lieux de travail et services publics).18
Les personnes séropositives qui font partie de communautés ethniques ou culturelles -- telles que les gais, les autochtones et les personnes venant de pays où le VIH est endémique -- éprouvent souvent des stigmates et de la discrimination au sein même de leur communauté. Ceci a des répercussions tant pour la personne séropositive que pour la communauté : la personne devient très isolée, et la communauté est moins en mesure de prévenir la propagation du VIH ou de soutenir les personnes malades.19
Les stigmates associés au VIH isolent les personnes séropositives et réduisent leur qualité de vie. Ceci peut décourager les personnes à risque de subir des tests ou de rechercher un traitement.20 Pour les personnes qui appartiennent à des groupes marginalisés, tels que les gais, les personnes qui utilisent des drogues injectables, les autochtones, les personnes venant de pays où le VIH est endémique et les travailleurs du sexe, les stigmates associés au VIH sont aggravés par d'autres formes de discrimination et les préjugés comme l'homophobie, le racisme, l'inégalité des sexes, ainsi que les attitudes négatives envers la consommation de drogues et les travailleurs du sexe.
Les stigmates peuvent mener à des violations des droits des personnes vivant avec le VIH, notamment une discrimination illégale en matière de logement, d'emploi, de santé et d'accès aux services sociaux. Par exemple, dans une étude effectuée auprès de 34 personnes séropositives en Alberta, près du tiers ont rapporté être traitées injustement par leurs employeurs ou leurs collègues en raison de leur état : on les a congédiées, on leur a demandé de démissionner ou leurs heures ont été considérablement réduites.21
Les stigmates peuvent également entraîner des infections. Par exemple, l'épidémie de VIH parmi les autochtones au Canada est aggravée par le racisme, tant passé que présent : l'assimilation forcée, les pensionnats et la perte de la culture ont contribué à la pauvreté, au chômage ou à la violence multigénérationnelle et à l'abus de drogues qui rendent les autochtones -- particulièrement les femmes autochtones et les personnes bi-spirituelles -- plus vulnérables au VIH.
État actuel de l'épidémie : raisons pour lesquelles nous devons redoubler d'effort
- Les cas de nouvelles infections augmentent
- Les personnes séropositives ont des besoins de plus en plus complexes
- Trop de personnes séropositives ne reçoivent pas de traitement ou y sont réfractaires, et trop d'entre elles meurent
- Les stigmates et la discrimination menacent toujours les personnes séropositives et les communautés à risque
- La pauvreté, l'itinérance et d'autres facteurs sociaux alimentent l'épidémie
- Les idées fausses entraînent une augmentation des risques et une diminution du soutien aux services
- L'épidémie mondiale dévaste les pays les plus pauvres et menace les plus riches
- Il faut accroître et stabiliser le financement pour suivre le rythme de l'épidémie
- Acting now will save the health system millions of dollars
- En agissant maintenant, nous sauverons des vies

